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Complément alimentaire

Glucosamine et chondroïtine : efficacité, risques, avis Anses

Inutile ou à éviter

Quand
À éviter sans avis médical.
Ce qu'on sait
Aucune allégation n'est autorisée : l'EFSA n'a pas démontré d'effet sur les articulations des personnes en bonne santé.
Précautions
L'Anses les déconseille aux personnes diabétiques ou prédiabétiques, asthmatiques, sous traitement anti-vitamine K (AVK), allergiques aux crustacés, aux femmes enceintes ou qui allaitent et aux enfants. Des troubles digestifs, des éruptions et des hépatites ont été signalés.

C'est quoi ?

La glucosamine et la chondroïtine sont des substances vendues pour « les articulations », souvent ensemble dans le même produit. Dans la plupart des pays européens, elles existent à la fois en compléments alimentaires et en médicaments.

La glucosamine peut être obtenue à partir de chitine, la matière de la carapace des crustacés et de l'enveloppe des insectes. C'est pour ça qu'elle pose problème aux personnes allergiques.

En France, les médicaments anti-arthrosiques dits « d'action lente », dont ceux à base de glucosamine, ne sont plus remboursés depuis le 1er mars 2015 : la Commission de la transparence de la HAS a jugé leur service médical rendu insuffisant.

Ce que dit la science

Aucune allégation de santé n'est autorisée pour la glucosamine ou la chondroïtine en Europe. En 2009, l'EFSA a conclu que le lien de cause à effet n'était pas démontré entre la glucosamine, seule ou associée à la chondroïtine, et le maintien des articulations.

Son raisonnement : les études portaient sur des personnes souffrant d'arthrose, et leurs résultats ne peuvent pas être étendus aux articulations de personnes en bonne santé. Les études chez l'animal ou en laboratoire ne permettaient pas non plus de conclure.

Les limites de sécurité

Il n'existe pas de dose maximale harmonisée en Europe. L'Anses demande d'en fixer une, mais rappelle que les études de sécurité solides manquent. Pour la chondroïtine seule, les données toxicologiques et cliniques sont rares.

Risques et interactions

Entre 2009 et février 2018, l'Anses a reçu 74 signalements d'effets indésirables liés à ces compléments. 23 étaient assez documentés pour être analysés, et pour 11 d'entre eux, le lien avec le complément a été jugé vraisemblable ou très vraisemblable. Les effets rapportés :

  • troubles digestifs et douleurs abdominales ;
  • éruptions cutanées et démangeaisons ;
  • hépatites (atteintes du foie) ;
  • purpura, c'est-à-dire des petites taches de saignement sous la peau.

Deux points de vigilance ressortent de l'expertise. Avec un traitement anti-vitamine K (comme la warfarine), une interaction est décrite : l'INR, qui mesure le temps de coagulation, peut augmenter, parfois avec des saignements. Pour la glycémie, certaines études montrent une baisse de la sensibilité à l'insuline, surtout chez les personnes prédiabétiques. Enfin, certains produits contiennent du chlorure de potassium, et le cartilage de requin peut apporter beaucoup de calcium.

Qui doit éviter ou demander l'avis d'un médecin

L'Anses déconseille ces compléments :

  • aux personnes diabétiques ou prédiabétiques ;
  • aux personnes asthmatiques ;
  • aux personnes sous traitement anti-vitamine K ;
  • aux personnes allergiques aux crustacés ou aux insectes (pour la glucosamine) ;
  • aux personnes qui suivent un régime contrôlé en sodium, en potassium ou en calcium ;
  • aux femmes enceintes ou qui allaitent et aux enfants, faute de données de sécurité suffisantes.

Les alternatives dans l'assiette ou au quotidien

Une douleur articulaire qui dure mérite un avis médical : ton médecin peut en chercher la cause et te proposer une prise en charge adaptée. Côté hygiène de vie, Santé publique France recommande au moins 30 minutes d'activité physique dynamique par jour.

Dans l'assiette, il n'existe pas d'aliment miracle pour les articulations. Les repères de Santé publique France restent la base : au moins 5 fruits et légumes par jour, du poisson 2 fois par semaine dont un poisson gras comme les sardines ou le saumon, et des légumes secs au moins 2 fois par semaine. Si ton médecin te conseille de perdre du poids, ta liste de courses perte de poids peut t'aider à t'organiser. Et méfie-toi aussi du collagène, lui non plus sans effet prouvé.

En résumé

  • Aucune allégation n'est autorisée : l'EFSA n'a pas démontré d'effet sur les articulations des personnes en bonne santé.
  • Les médicaments à base de glucosamine ne sont plus remboursés en France depuis 2015.
  • L'Anses les déconseille notamment en cas de diabète, d'asthme, de traitement anti-vitamine K, d'allergie aux crustacés, de grossesse et chez l'enfant.
  • En cas de douleur, consulte ton médecin.

Questions fréquentes

La glucosamine soigne-t-elle l'arthrose ?

Aucune allégation n'est autorisée, et les médicaments anti-arthrosiques d'action lente ne sont plus remboursés en France depuis 2015, faute de service médical rendu suffisant. Parles-en à ton médecin.

Pourquoi l'éviter si on est allergique aux crustacés ?

Parce que la glucosamine peut être obtenue à partir de chitine, présente dans la carapace des crustacés et chez les insectes. L'Anses la déconseille aux personnes allergiques.

Peut-on en prendre avec un anticoagulant ?

L'Anses la déconseille aux personnes sous anti-vitamine K, comme la warfarine, car une interaction peut augmenter le risque de saignement. Pour tout autre traitement, demande à ton médecin ou à ton pharmacien.

Et pour un sportif qui a mal aux genoux ?

L'EFSA n'a pas démontré d'effet sur les articulations des personnes en bonne santé. Une douleur qui dure doit être examinée par un médecin.

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