Deux allergènes différents, souvent associés
L'arachide (la cacahuète) est une légumineuse, de la même famille que le pois ou la lentille, et pas un fruit à coque. La réglementation européenne les classe donc en deux allergènes distincts. Les fruits à coque concernés sont au nombre de huit : amande, noisette, noix, noix de cajou, noix de pécan, noix du Brésil, pistache et noix de macadamia.
Être allergique à l'un n'implique pas forcément d'être allergique à l'autre, mais certaines personnes réagissent aux deux. L'Anses signale aussi des allergies croisées possibles entre l'arachide et d'autres légumineuses, en particulier les pois et les lentilles. C'est ton allergologue qui te dira précisément quoi éviter, après un bilan : tests cutanés, prise de sang, parfois test de provocation à l'hôpital.
Des allergies qui peuvent être graves
En France, le réseau d'allergovigilance recense les cas d'anaphylaxie alimentaire sévère. Selon l'avis de l'Anses de 2018, sur la période 2002-2017, les fruits à coque représentaient 14,8 % des cas et l'arachide 13,3 %. Chez les moins de 16 ans, ces deux allergènes expliquaient à eux seuls la moitié des anaphylaxies. Parmi les fruits à coque, la noix de cajou arrivait en tête, devant la noisette et la noix.
Certains facteurs peuvent favoriser une réaction plus forte. Dans les cas recensés en 2016, au moins un « cofacteur » était présent dans près d'un cas sur trois : surtout l'effort physique, mais aussi les anti-inflammatoires ou l'aspirine, et l'alcool.
Sur l'étiquette : ce qui est obligatoire
L'arachide et les huit fruits à coque font partie des 14 allergènes à déclaration obligatoire. Dans la liste des ingrédients, ils doivent être mis en évidence, le plus souvent en gras. Bon à savoir : contrairement à l'huile de soja entièrement raffinée, l'huile d'arachide ne bénéficie d'aucune exception. Elle doit être signalée comme les autres produits dérivés de l'arachide.
Attention aux fruits à coque qui ne font pas partie de la liste, comme le pignon de pin : il figure dans les ingrédients, mais n'a pas à être mis en évidence. Si tu y es allergique, lis la liste en entier.
Pour les produits vendus sans emballage (boulangerie, pâtisserie, traiteur, restaurant), l'information sur les allergènes doit être disponible par écrit. Au restaurant, l'Assurance Maladie conseille de signaler ton allergie au personnel et de consulter cette information écrite. Ce n'est pas un détail : selon l'Anses, 8 % des anaphylaxies recensées en 2016 ont eu lieu au restaurant.
Où ils se cachent
Santé Canada publie des listes de sources cachées d'arachide et de fruits à coque, utiles aussi en France. On y trouve notamment :
- Confiseries et pâtisseries : nougat, massepain et pâte d'amandes, pralinés, gianduja (chocolat et noisette), calissons, biscuits, barres de céréales, glaçages.
- Sauces et plats : pesto, sauces satay, currys, pad thaï, rouleaux de printemps et autres plats asiatiques, soupes déshydratées.
- Charcuterie et produits végétariens : mortadelle (pistache), fromages végans à base de noix de cajou, substituts de viande.
- Boissons et arômes : liqueurs comme l'amaretto, extraits naturels d'amande.
- Huiles de noix ou de noisette non raffinées, pressées à froid.
- Hors alimentation : cosmétiques, huiles de massage, graines pour oiseaux, aliments pour animaux.
Ces listes ne sont jamais complètes. Le seul vrai réflexe, rappelle Santé Canada : lire la liste des ingrédients à chaque achat, même pour un produit habituel, car une recette peut changer ou varier d'une version à l'autre du même produit.
Au quotidien : traces, école et menus
Les mentions du type « peut contenir des traces de fruits à coque » signalent un risque de contamination accidentelle pendant la fabrication, sans dire s'il est faible ou élevé. Santé Canada conseille aux personnes allergiques d'éviter ces produits ; en France, la conduite à tenir se décide avec ton allergologue, selon ton allergie et ta sensibilité. Méfie-toi aussi des préparations maison ou artisanales dont tu ne connais pas la composition.
Pour un enfant, un PAI (projet d'accueil individualisé) peut être mis en place à la crèche ou à l'école, avec le médecin, pour organiser les repas et la conduite à tenir en cas de réaction.